Le Groupe Tchétchénie

La Tchétchénie

Cela fait plus de trois ans que la Tchétchénie et la Russie sont en guerre, une guerre qui reste mal connue du public européen, vu la rétorsion d'information menée par les autorités russes. A l'ombre des regards, l'impunité règne : violation des droits de la population civile par les deux parties, justice partiale et inapte, armée russe surreprésentée dans une zone déclarée 'sur le chemin de la paix'.

Géographie

L'actuelle Tchétchénie, ou république d'Ichkeria, couvre un territoire de 19300 km2, soit plus de la moitié du territoire belge. Sise entre la république du Daghestan et la république d'Ingouchie, elle est composée de plaines au nord et de montagnes au sud, qui font partie du Grand Caucase, séparation naturelle entre le Caucase du Nord russe et la Transcaucasie indépendante.

Historique

Le territoire tchétchène est joint à l'empire russe en 1859, suite à la grande guerre caucasienne (nommée guerres murides par les Russes). Les Tchétchènes subiront la révolution, se sépareront de l'empire mais y rentreront suite à l'offre d'une grande autonomie proposée par Lénine et Staline, alors commissaire aux peuples et aux nationalités. S'ouvre alors l'ère de terreur sous Staline, avec les collectivisations, et l'apogée des purges dans les années 30 ainsi que la déportation le 23 février 1944 pour cause officielle de collaboration avec la Wehrmacht. Après avoir vécu sous la férule du pouvoir soviétique pendant plus de 60 ans, les Tchétchènes sont traversés par des mouvements de revendication dans cette fin des années 80. La revendication, au départ écologique à propos de la création d'une usine biochimique, se politise autour du mouvement national du peuple tchétchène. Le mouvement indépendantiste va se rassembler autour d'un personnage, Djokhar Doudaiev. La prise du pouvoir et la chute du Soviet suprême de Tchétchéno-Ingouchie (les deux territoires étaient à cette époque rassemblés dans une seule entité, et ce jusqu'en 1992), ainsi que le refus de Doudaiev de se soumettre au pouvoir de Boris Eltsine, vont précipiter la chute des relations entre la Tchétchénie-Ingouchie et la Fédération de Russie.

La décennie des conflits

11 décembre 1994 : le
premier conflit russo-tchétchène éclate avec l'envoi de troupes russes. Le 31 août 1996, suite à plusieurs tentatives avortées de négociations, le général Lebed et Maskhadov signent un accord de paix, dit de Khassaviourt. Celui-ci remet à décembre 2001 la définition du statut de la Tchétchénie. Pour les Russes, surtout parmi les militaires, l'échec est patent. Pour les Tchétchènes, l'imprécision de l'accord et son évocation au droit à l'autodétermination sont autant d'indices de leur victoire, malgré des pertes humaines énormes, entre 60.000 et 100.000 personnes.

Commence alors une période de 1996 à 1999 de l'indépendance de facto de la Tchétchénie. Son président, le négociateur et combattant Aslan Maskhadov, élu le 27 janvier 1997 sous le contrôle de l'OSCE, et reconnu pour sa diplomatie agile, fait face aux difficultés d'une réhabilitation et d'une reconstruction inexistantes. La région est fortement détruite, le taux de chomage tourne autour des 80%, une forte opposition, marquée par la volonté de pouvoir et par les lignes de démarcation des clans, tente de le faire tomber. Il doit faire face à la pression russe pour la sécurisation de l'oléoduc Bakou-Novorossiisk, aux attentats auquel il essaye de répondre. Mais sa réponse n'est pas assez radicale par peur des réactions, des relations claniques et tradition de vendetta encore assez présentes. La Tchétchénie n'arrive pas à se faire reconnaître au niveau international, ni même régional. Et le wahhabitisme, d'origine saoudienne, s'étend dans les couches jeunes de la société, et balaye l'islam soufi tolérant pratiqué par les Tchétchènes depuis des siècles.

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