Le Groupe Tchétchénie
Février 2007
Le Courrier Tchétchène

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International

Géorgie

Le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’homme (Human Rights Information and Documentation Center – HRIDC) de Tbilisi a publié un nouveau rapport sur la situation des réfugiés tchétchènes en Géorgie. Dans son rapport « Silence Kills : Abuse of Chechen Refugees in Georgia », l’organisation souligne de nombreuses défaillances dans la politique d’accueil du pays.

Selon elle, les lois géorgiennes posent problème dès le début de la procédure du réfugié. Dès qu’il arrive en Géorgie, le demandeur d’asile doit en effet déposer sa demande de statut de réfugiés. Le Ministère des réfugiés a ensuite trois jours pour statuer sur l’enregistrement de la demande. Durant cette période, le Ministère des affaires intérieures peut décider de renvoyer le demandeur dans un autre pays, comme il l’a fait en mars 2005 dans le cas des frères Tsitiashvili. HRIDC souligne d’autres cas de violations vis-à-vis des obligations internationales de la Géorgie : refoulement de réfugiés tchétchènes vers la Russie, traitements inhumains envers 14 femmes tchétchènes en août 2004, ou encore la disparition pure et simple de réfugiés comme ce fut le cas de Hussein Yusupov et Adam Talalov.

Trois solutions s’offrent actuellement aux réfugiés tchétchènes présents en Géorgie : le retour volontaire, la naturalisation ou le rétablissement dans un pays tiers. Vu la situation en Tchétchénie, le retour volontaire n’est pas conseillé par HRIDC. Mais la procédure de naturalisation est longue et complexe. L’organisation recommande donc au gouvernement géorgien de faciliter la procédure pour les réfugiés d’origine kiste, plus enclins à vouloir s’intégrer que leurs cousins d’origine tchétchène. Pour les réfugiés tchétchènes, l’organisation prône le rétablissement dans un pays tiers. Entre 2003 et 2005, 300 réfugiés ont été établis dans un pays tiers, dont 70% en Suède. Mais les pays sont de plus en plus réticents à accepter des réfugiés. HRIDC demande au Haut Commissariat aux réfugiés de donner la priorité aux Tchétchènes.

HRIDC, Silence kills, janvier.

Mort de Litvinenko

Ce 31 janvier, la police britannique a rendu le rapport de ses deux mois d’enquête au procureur. Si elle reste actuellement discrète concernant de potentiels suspects, deux hommes seraient soupçonnés par la police d’avoir empoisonné Alexander Litvinenko selon les journaux anglais. Dmitri Kovtun et Andrei Lugovoi étaient tous deux présents dans l’hôtel Millenium, le 1 er novembre, le jour où Litvinenko fut empoisonné. Un troisième homme pourrait cependant se rajouter à la liste. Avant de mourir, Litvinenko aurait déclaré qu’il avait bu une tasse de thé servie par un certain Viatcheslav dans une chambre de l’hôtel, alors qu’il discutait avec Kovtun et Lugovoi. Selon le Times, la police soupçonne ce troisième homme d’être le tueur.

Selon les magazines anglais, Lugovoi est le principal suspect de la police, qui pourrait demander aux autorités britanniques son extradition. Actuellement en Russie où il a été traité à l’hôpital jusque fin décembre 2006, Lugovoi ne sera pas extradé par les autorités, a déjà annoncé Natalia Fyodorova, la porte-parole de la Procurature générale de Russie. Il ne sera inquiété que si les enquêteurs russes le soupçonnent à leur tour d’une participation à l’assassinat. Lors d’une réunion avec Scotland Yard début janvier, les enquêteurs semblent avoir déjà prévenu la veuve de Litvinenko qu’ils ne pourraient continuer l’affaire faute de juridiction sur les deux hommes.

De son côté, le procureur général de Russie, Iouri Chaika, a demandé l’autorisation d’examiner des douzaines de places en Grande-Bretagne et d’y mener plus de 100 entretiens, entre autres avec deux hommes que la Russie rêve d’extrader – le ministre séparatiste des affaires étrangères Akhmed Zakayev et l’oligarque Boris Berezovski. Selon le Sun, Igor Ponomarev, un diplomate russe basé en Grande-Bretagne, décédé deux jours avant l’empoisonnement de Litvinenko, serait également décédé par radiation. Pour l’Agence de protection de la santé britannique, seules 13 personnes sur 596 examinées courent aujourd’hui un risque pour leur santé.

Sun, Radiation ‘poisoned diplomat’, 8 janvier; BBC, Russia seeks UK help in spy probe, 12 janvier; Moscow Times, Lugovoi Denies News Report of a Third Man, 23 janvier; RFE-RL, Russia: Speculation Still Rife About Litvinenko Case, 24 janvier; AP, Russian denies role in ex-spy's death, 27 janvier; Sunday Times, Spy's killers `will not be prosecuted', 28 janvier.





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