Le Groupe Tchétchénie
Juin 2005
Le Courrier Tchétchène

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Quelles options pour l’avenir de la Tchétchénie ?

La question semble se poser sans fin, alors que l’administration tchétchène pro-russe vit entourée de soldats russes qui continuent de tomber face à la guérilla tchétchène. Pour Moscou et l’administration de Grozny, l’avenir est fait, d’une part, d’un partage de compétence entre les deux entités pour définir, après le référendum sur la constitution de 2003, la situation de la république dans la Fédération ; et, d’autre part, d’élections parlementaires, qui seront le « coeur de la stabilité et de la démocratie dans la région », selon Vladimir Poutine. Le document concernant le partage de compétences entre fédéral et fédéré rendu par les autorités tchétchènes à la Russie était amplement favorable aux premiers : elles exigeaient de garder le montant des taxes perçues pour leur budget, de conserver le complexe pétrolier et les profits en découlant pour une période de dix ans, et demandaient un statut de ‘région de développement économique intensif’. Seule cette dernière proposition semble finalement gardée dans ce qui n’est encore aujourd’hui qu’un brouillon de traité, probablement signé mi-juin. La question de la possession des ressources fera partie d’accords séparés. Les élections parlementaires sont prévue au mois de novembre et 24 partis inscrits y participeront. Le parti ‘Russie Unie’, parti pro-Poutine encore majoritaire à la Douma, sera probablement bien placé: depuis avril, Alu Alkhanov, élu à la présidence de la république lors d’élections très contestées, en est membre.

Vu de l’extérieur, les avis sont loin de converger. Dans son rapport, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Alvaro Gil-Roblès accentue l’importance de reconstruire la société : il recommande de lutter contre les crimes, les opérations de nettoyage, les raids de nuit et l’impunité, de mettre en oeuvre la réhabiliation économique de la république, de combattre la corruption, d’encourager la réconciliation dans la société tchétchène et de réhabiliter l’image du Tchétchène dans la société russe. (rapport disponible ici )

Si de nombreuses personnes s’accordent sur ces points, la question des négociations est plus sensible. Pour Ariel Cohen, de la fondation Heritage, le temps des négociations est passé avec la mort du modéré Maskhadov. La situation requiert plutôt un soutien fort des Etats-Unis afin d’agir sur le plan du terrorisme : rendre ineffectifs les centres islamistes, renforcer un islam traditionnel et le rôle des femmes dans la société, et mettre en oeuvre le marché libre dans la région du Nord-Caucase en collaboration avec les autorités locales, les ONGs et les entreprises. « Une telle entité au seuil de l’Europe, contrôlée par des compagnons d’Oussama Ben Laden va permettre au terrorisme et à l’extrémisme religieux d’irradier. Cela pourrait devenir une des plus grandes menaces pour la sécurité eurasienne de ce siècle. »

D’autres observateurs pensent au contraire que la situation ne s’améliorera pas sans négociations. Pour Rajan Menon et Peter Reddaway, professeurs à Lehigh University et George Washington University, les élections parlementaires ne pourront se tenir de manière légitime dans une région en guerre. « La Russie ne gagne pas la guerre ; elle ne peut transférer le pouvoir au gouvernement local, pro-Moscou qui est incapable de survivre sans les bayonnettes russes. Seul un processus de paix incluant les groupes de résistance tchétchènes peut mettre fin aux combats. »

Dans ce contexte, ‘The American Committee for Peace in Chechnya’ et des membres d’organisations de droits de l’homme russes (‘For Human Rights’, ‘Ecology and Human Rights’ et ‘Urals Human Right Centre’), ont fait appel chacun de leur côté pour un retour des indépendantistes tchétchènes aux propositions de paix. Abdul Khalim Sadullayev, chef de la résistance tchétchène, leur a répondu dans un communiqué : s’il refuse de proposer des négociations aux autorités russes, il ne rejeterait pas une proposition de paix russe. Le 24-25 mai, une délégation tchétchène a par ailleurs visité le Parlement européen où elle y a présenté le plan de paix Akhmadov d’administration internationale de la Tchétchénie, qui reste à leurs yeux toujours valable.

Chechen Society newspaper, # 07(45), 12 avril ; UNPO, Debate on Future Scenario’s for Peace in Chechnya, 13 mai ; ACPC, Statement by Chechen President Sadulaev to the ACPC Appeal for Peace, 19 mai; AFP, Tchétchénie: l’UE doit faire pression sur Moscou pour une solution négociée (indépendantistes), 26 mai.

 





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