Le Groupe Tchétchénie
Décembre 2003
Le Courrier Tchétchène

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Evénement

Le sommet Union européenne - Russie

Le sommet s'est clôturé sans qu'une pression soit mise sur le président russe à propos de la Tchétchénie. Il n'a pourtant pas été de tout repos. La déclaration clôturant le 12e sommet Union européenne - Russie n'a pas concrétisé les espoirs que certains portaient au sujet de la Tchétchénie. Evitant d'aborder de front la guerre, tout juste note-t-elle le "voeu d'une approche commune dans le domaine de la gestion des crises". UE Italia, 6 novembre.

L'affaire Youkos et la situation en Tchétchénie devaient pourtant faire partie de l'agenda des rencontres. Avant la rencontre, le porte-parole de la Commission, Diego Ojeda, avait déclaré que l'affaire Khodorkovski serait suivie de près par les autorités européennes, tandis que d'autres dirigeants avaient exprimé le souhait de parler de la Tchétchénie avec le président russe. (EU Observer, EU warns Russia over Yukos affair Who can handle him?, 4 novembre). Après Human Rights Watch, Amnesty international avait également demandé aux dirigeants européens de poser trois questions à Poutine afin de savoir s'il laisserait l'accès du territoire tchétchène aux organisations régionales et internationales, s'il arrêterait les pressions au retour visant les réfugiés tchétchènes, et s'ils poursuivrait les présumés responsables des violations des droits de l'homme. (Agence Europe, UE/RUSSIE: Amnesty International demande des engagements concrets du Président Poutine sur les droits de l'homme en Tchétchénie, 6 novembre)

Mais Poutine avait pris les devants durant la conférence de presse aux côtés du Cavaliere: avant même que la question tchétchène ne soit abordée, Poutine critiqua le manque d'aide européen pour faire face au terrorisme tchétchène, ainsi que l'absence des observateurs du Conseil de l'Europe et de l'OSCE lors des élections présidentielles tchétchènes du 5 octobre. (AFP, Russie: Poutine contre-attaque sur Ioukos et la Tchétchénie, 6 novembre) Un journaliste du Monde, Laurent Zecchini, ne fut pas épargné, alors que celui-ci lui avait posé des questions sur l'état de droit en Russie, Youkos et la Tchétchénie, des questions inspirées des oligarques eux-mêmes selon Poutine. (AFP, Poutine : dans l'affaire Ioukos nous ne céderons à «aucun chantage», 6 novembre) Un Président qui se demande «pourquoi les Européens considèrent al-Qaida comme une organisation terroriste en Afghanistan et n'en font pas de même» avec les Tchétchènes. (Le Figaro, 6 novembre) « Le problème de la Tchétchénie est utilisé afin d'infuencer les relations avec la Russie qui n'ont rien à voir avec la Tchétchénie ». (The Guardian, EU, Russia Discuss Chechnya at Summit Thursday, 6 novembre) Berlusconi était alors intervenu en faveur de son ami en s'adressant à la presse, critiquée pour « continuer à colporter des légendes » à propos du conflit tchétchène. « Sur la situation en Tchétchénie, il y a eu une activité terroriste à laquelle la fédération de Russie n'a jamais opposé de riposte correspondante » avait-t-il alors déclaré. (AFP, M. Berlusconi accuse la presse de colporter des légendes sur la Tchétchénie, 6 novembre)

C'était la 6e fois de l'année que les deux dirigeants russe et italien se rencontraient. Deux dirigeants particulièrement proche, Berlusconi défendant « la grande humanité, la sagesse et la capacité de regarder l'avenir » du président russe. (Le Figaro, 6 novembre) Mais sa défense de Poutine passa difficilement au travers de la gorge des dirigeants européens. Vendredi 7 novembre, Berlusconi fut désavoué par le porte-parole en chef de la Commission, Reijo Kemppinen, qui rectifia l'opinion en accentuant le caractère 'personnel' de celui-ci : « Nous ne partageons pas le point de vue du premier ministre Berlusconi quand il s'agit de la situation de Ioukos ou de la situation passée ou présente en Tchétchénie ». (Le Monde, Jacques Chirac réserve un traitement de faveur à Vladimir Poutine, 7 novembre) Le porte-parole a continué sur la Tchétchénie en déclarant que « nous continuons d'avoir les mêmes problèmes, c'est-à-dire de ne pas avoir suffisamment de garanties pour ceux qui font de l'aide humanitaire sur le terrain, qui n'ont pas accès aux réseaux radio. Ceci constitue une garantie importante pour tout mode de fonctionnement sûr sur place » (AFP, La Commission européenne désavoue Berlusconi, 7 novembre)

Mais Berlusconi n'est pas le seul à soutenir la politique du président russe. Le président français, rencontré auparavant, tient également à ses relations, qu'il mène de manière plus diplomatique. « Vous voyez, au fond, une France au coeur de l'Union européenne et qui a sa personnalité traditionnelle, ses liens anciens avec la Russie, une Russie moderne et démocratique, une même vision de l'organisation du monde, un monde multipolaire où chacun conserve son identité et sa capacité à la fois de réflexion et de gestion de ses affaires, voilà les fondements de la relation franco-russe ». La situation en Tchétchénie fut abandonnée, sauf à répparaître de manière cryptique dans le discours français, pour qui la démocratie « suppose enfin la négociation pour faire face aux problèmes que la force ne peut résoudre ».Palais de l'Elysée , 30 octobre.

Chirac fit par ailleurs l'honneur de raccompagner Poutine en limousine jusqu'à Orly. (Libération, Poutine et les tartuffes européens, 8 novembre) Pour Pat Cox, une mention à propos de la Tchétchénie aurait dû cependant être mise dans la déclaration finale du sommet. La réponse de Yasthrzembsky, porte-parole du Kremlin, eut le mérite d'être claire: « M. Cox ferait mieux de s'occuper des problèmes de l'antisémitisme qui fleurit dans plusieurs pays d'Europe au lieu d'aborder des questions auxquelles il ne comprend rien ou ne veut rien comprendre » (AFP, Tchétchénie : Moscou s'en prend aux Européens, 15 novembre)





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